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Le
Mantra "Om Mani Pémé Hung"
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Une
autre particularité chère aux bouddhistes tibétains
est le mantra Om Mani Pémé Hung (ce que vous entendez
si votre ordinateur possède une carte de son. Rechargez la page
si vous voulez réentendre). Ce mantra est d'origine indienne
où il est écrit et prononçé "Om Mani
Padme Hum". En venant au Tibet, sa prononciation s'est modifiée
quelque peu pour s'adapter à la langue et la prononciation tibétaine.
Ce mantra est celui de Chenrézi (Avalokiteshvara en sanskrit)
qui est le bodhisattva de la compassion infini. Le Dalaï-Lama est
considéré comme manifestation sous forme humaine de Chenrézi.
Ce mantra est le premier à arriver au Tibet et est le plus récité,
même aujourd'hui. Il est sur les lèvres de tous les Tibétains.
C'est une des premières phrases qu'ils apprennent à l'enfance.
Sur les lieux de pèlerinages, des milliers de gens le récitent
inlassablement. Il est écrit n'importe où : sur des pierres
à l'entrée d'un village, sur des banderolles de prières,
sur les cornes d'un yak (bovin vivant dans l'Himalaya), sur des moulins
à prières (cylindre de grosseur variable dans lequel un
mantra est écrit sur du papier enroulé, on le fait tourné
dans les sens des aiguilles d'une montre. Avec une dipositions d'esprit
favorable, on peut accumuler tous le mérite des mantras écrit
dans le moulin, voir l'image rotative plus bas). Bref, ce mantra est
partout!
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Explication
du mantra Om Mani Padmé Hûm par S.S. le Dalaï-Lama
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C'est fort bien de réciter le mantra OM MANI PÉMÉ
HUNG mais tandis qu'on le récite, encore faut-il penser à
sa signification, car la portée de ces paroles est vaste et profonde.
La première, OM, est composée de trois lettres - A, U
et M. Elles symbolisent le corps, la parole et l'esprit du pratiquant
; mais dans le même temps, elles symbolisent le corps, la parole
et l'esprit purs et glorieux d'un Bouddha.
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Le
corps, la parole et l'esprit impurs peuvent-ils être transformés
en un corps, une parole et un esprit purs, ou sont-ils entièrement
séparés? Tous les Bouddhas sont au départ des êtres
comme nous qui, en suivant la voie, sont devenus des Éveillés.
Le bouddhisme ne prétend pas qu'il y ait quelqu'un qui, dès
l'origine, soit sans défaut et possède toutes les bonnes
qualités. Le développement d'un corps, d'une parole et
d'un esprit purs vient graduellement de l'abandon des états impurs,
qui sont ainsi transmués en états purs.
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Comment
cela se fait-il? La voie est indiquée par les quatre syllabes
suivantes. MANI, signifiant joyau, symbolise les moyens de la méthode
- l'intention altruiste d'être illuminé, la compassion
et l'amour. Tout comme le joyau est capable d'éloigner la pauvreté,
de même l'esprit altruiste d'éveil est capable d'écarter
l'indigence, ou les difficultés, de l'existence cyclique et de
la paix solitaire. Pareillement, tout comme le Joyau exauce les désirs
des êtres sensibles, l'intention altruiste de devenir illuminé
accomplit les souhaits des êtres sensibles.
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Les
deux syllabes, PÉMÉ, signifiant lotus, symbolisent la
sagesse. Tout comme un lotus sort du limon sans être souillé
par la boue, de même la sagesse peut vous placer dans une situation
de non-contradiction, alors qu'il y aurait contradiction sans posséder
la sagesse. Il y a la sagesse qui réalise l'impermanence; la
sagesse qui réalise que les personnes sont vides d'existence
substantielle ou d'existence se suffisant à elle-même;
celle qui réalise le vide de la dualité, c'est-à-dire
de la différence d'entité entre sujet et objet; et la
sagesse qui réalise la vacuité de l'existence inhérente.
Bien qu'il y ait différentes sortes de sagesse, la principale
d'entre elles est celle qui réalise la vacuité.
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La
pureté doit être acquise par l'unité indivisible
de la méthode et de la sagesse, symbolisée par la syllabe
finale HUNG qui traduit l'indivisibilité. Selon le système
des sûtras cette indivisibilité de la méthode et
de la sagesse se réfère à la sagesse affectée
par la méthode, et à la méthode affectée
par la sagesse. Dans le véhicule mantrique, ou tantrique, la
référence porte sur la propre conscience dans laquelle
la forme globale, à la fois de la sagesse et de la méthode,
constitue une identité sans différenciation. En termes
de syllabes-germes des cinq Bouddhas conquérants, HUNG est la
syllabe germe d'Akshobya - l'Immuable, le non-fluctuant, qui ne peut
être en rien perturbée.
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Ainsi,
les six syllabes OM MANI PÉMÉ HUNG signifient qu'en fonction
de la pratique d'une voie, qui est l'union indivisible d'une méthode
et d'une sagesse, vous pouvez transformer votre corps, votre parole
et votre esprit impurs en corps, parole et esprit purs et glorieux d'un
Bouddha. II est dit qu'il ne faut pas chercher la bouddhéité
hors de soi; les matériaux pour y parvenir se trouvent à
l'intérieur. Maitreya l'a dit dans son « Sublime continuum
du Grand Véhicule » (Uttaratantra), tous les êtres
ont naturellement la nature de Bouddha dans leur propre continuum. Nous
avons en nous-mêmes le germe de la pureté, l'essence de
Celui Qui S'en Est Ainsi Allé (Tathàgatagarbha), qui doit
être transformé et pleinement développé en
bouddhéité. »
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Source
: Le seigneur du Lotus blanc, le Dalaï-Lama, par Claude B. LEVENSON,
Paris, Édition lieu commun, collection le livre de poche, 1987,
pp. 239 à 241
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